17 février 2008

LETTRE OUVERTE


A TOI

Mademoiselle la brise-gonade (oui, j'aime ces translations qui nous éloignent heureusement de la vulgate populacière...) chichiteuse tapie aux confins du web,

 


A TOI

Monsieur le ronchon pinailleur hantant suspicieusement blogs et forums d'un clavier chafouin et venimeux,


ce blog n'est pas pour TOI.

 

On te connaît. TU as des aïeuls qui remontent jusqu'à la nuit des temps mais c'est avec l'émergence d'Internet et sa rencontre avec la sphère de l'art, et singulièrement le CINEMA, que TU as pris ton essor.

Car dorénavant, non seulement la Toile offre-t-elle une quantité indigeste et variablement fiable d'informations sur les films qui se feront, peut-être, qui se font, sont faits, etc., mais encore elle autorise l'éclosion de nuées de «critiques improvisés». Chacun peut donner son avis. Et c'est bien. Car cette Babel cinéphile, quoique délicieusement anarchique et qualitativement inégale, recèle toujours une chose importante et précieuse car unique: un avis, c'est-à-dire un point de vue, une opinion née d'un affect et/ou d'une réflexion.

Mais TOI, tu es de la race des intégristes de l'opinion. De ceux qui ne supportent pas que l'on soit en désaccord avec eux. Des individus qui détestent que l'on aime ce qu'ils haïssent autant qu'ils aiment adorer ce que l'on déteste... Et réciproquement, et ce « littéralement et dans tous les sens » (Mallarmé. Eeeeeeeeh oui! Ah ça la ramène moins là, hein!)


Et là, c'est le drame.


Car nous ne sommes là pour convaincre ou persuader personne. Notre projet se situe dans l'humble continuation des précieuses chroniques « Un Strapontin pour Deux » de Boujut et Tardi. Il s'agit de réinvestir l'expérimentation d'une critique croisée d'un film par l'intermédiaire de deux autres media (le dessin pour Miss Bonnie et l'écrit pour votre serviteur Clyde) envisagés comme un couple complémentaire jusque dans leurs irréductibles incompatibilités. Et notre but, le seul, est de donner notre opinion. Parce qu'on en a envie. Parce qu'on a envie de provoquer des envies chez nos lecteurs ( y compris des envies de ne pas voir le film). Et puis parce que, et nous ne le nierons pas, nous avons suffisamment de front pour prétendre que ce que nous dessinons et écrivons mérite d'être regardé et lu, voire applaudi et porté aux nues, ou un truc du genre, mais dans les limites du raisonnable car il ne faudrait pas, n'est-ce pas, que notre modestie légendaire en souffre.

Mais nous n'avons pas la prétention d'oser avancer, même timidement, les prémices d'une hypothétique possibilité de début de probable embryon de germe de vérité sur un film. Ou alors ce sera NOTRE vérité.


La seule fierté dont nous nous targuerons une bonne fois pour toutes, et pas pour faire les malins (car « Qui fait le malin tombe dans le ravin » - Proverbe jurassien.), encore qu'il ne soit pas désagréable à l'occasion de se laisser aller à l'extatique exultation de confronter le monde béat à notre génie, mais parce que c'est en référence à cela que nous jugerons les films, cette fierté ( ben oui, quoi, soyez concentrés et  relisez le début de la phrase si vous êtes paumés, pourtant je la trouve pas si complexe que ça, enfin bon, je cause, je cause, et la parenthèse n'en finit pas de se fermer) disais-je, c'est notre cinéphilie, que nous oserons qualifier de vaste, curieuse et éclectique – tout comme les films que nous présenterons ici - et éclairée par la lecture compulsive de nombreux ouvrages théoriques, historiques et techniques.


Et TOI, tu voudrais faire fi de tout ça et venir polluer ce blog de tes commentaires assassins, de tes diatribes minables, de tes indignations hypocrites, de tes provocations stériles?


Non, ce blog n'est pas fait pour TOI.


Pas qu'on refuse le dialogue, tout au contraire. On souhaite créer un lieu d'échanges, de réactions (que ce soit sur les films ou sur les dessins et les textes), d'interactions. Mais les vains et monotones débats sur qui a raison d'aimer ou de ne pas aimer tel film n'auront aucun droit de citer ici. Discutons, argumentons, prenons-nous la tête même, mais dans le respect nos goûts respectifs.

Notre théorie est la suivante: quand nous jugerons – et c'est bien le mot- un film, nous dirons s'il nous a touchés ou pas, au coeur et/ou au cerveau, et pourquoi. C'est tout. Qu'un film ne nous plaise pas ne veut surtout pas dire que nous ne lui reconnaissons aucune qualité; même si nous nous réservons le droit de ne pas évoquer ces dernières.

En effet, nous revendiquons haut et fort, avec la valeureuse fougue de l'Amazone qui aurait des origines Walkyries pour Bonnie, et avec la furieuse vigueur du samouraï armé d'un sabre-laser pour moi, notre droit à arroser le rôti de nos élucubrations du délicieux jus de la mauvaise foi aussi souvent que nous le saupoudrerons d'un subtil mélange d'ironie, de bonnes et mauvaises humeurs et de délires plus ou moins viables et private-jokesques. Faites cuire à feu doux. Servez avec un grand bol d'humour.


Nous prenons le cinéma trop au sérieux pour ne pas en rire, parfois de ce rire douloureusement salvateur et pour tout dire quasi-mystique que Bataille évoqua souvent ( whoa la classe, eh, les références... Faudra vous y faire, j'aime autant les citations que les parenthèses, c'est pour vous dire si vous n'avez pas fini de pester sur mes labyrinthiques et interminables amas de propositions au déploiement rizhomatique. Heureusement, Bonnie sera là pour vous apaiser les yeux et le cervelet de ses courbes harmonieuses et ses couleurs chatoyantes. Enfin je parle de ses dessins, hein, les gars, rêvez pas).


Alors TOI, là. TOI.


Tu sors.


...


Voilà.


On est entre nous maintenant, on va pouvoir parler de cinéma. Parler DE cinéma. Parler DE FILMS.

Parler cinéma ne nous intéresse pas. Déployer les signes factices de notre appartenance au cénacle croupissant de ceux « qui s'y connaissent et qui sont bien informés », fouiller les décharges à ragots de la jet-set, jouer les oracles ou les donneurs de leçons non plus.

Nous jugerons, oui. Mais pas d'un jugement suprême, pas le jugement dernier. Juste notre jugement, une goutte d'eau dans la mer certes, mais pleine de sel.

Simplement évaluer ce qui a eu lieu pendant notre rencontre avec ce film, et exercer notre libre-arbitre.


Et parler de cinéma.


BONNIE & CLYDE

Posté par bonnie_and_clyde à 20:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur LETTRE OUVERTE


    (vraiment? faut tout lire? ha, bon!)

    Posté par Alérion, 25 février 2008 à 19:58 | | Répondre
  • Alérion: oui, bon, je sais, j'entends dire, ici ou là, lorsque je tends l'oreille d'une main badine ou encore quand je la laisse virevolter au gré de la rumeur, comme quoi soi-disant y paraitrait que j'aurais tendance à donner dans la logorrhée et que ça lasserait l'internaute, dont à propos duquel (San Antonio priez pour nous!) je tiens à dire qu'il est aussi libre de ne pas lire notre prose que nous de passer de longues heures d'un harassant travail intellectuel, d'une profondeur qui vous donnerait une idée de l'infini, à la produire, eh bien je le dis haut et fort :c'est même pas vrai!
    Je synthétise, moi et je n'offre aux âmes égarées en ces pages virtuelles que la substantifique moelle, que dis-je, la sublimation de notre pensée, après avoir pris soin d'en ôter toutes ces fioritures stylistiques et autres préciosités du langage dont on ne connaît malheureusement que trop le puissant pouvoir d'obscurcissement et d'alourdissement du message et qui contribuent à la recrudescence de cas graves voire terminaux de lecteurs retrouvés en marge des blogs, le regard vitreux perdu dans le vague, un tic nerveux au coin des lèvres d'où la bave suinte en filets d'argent, cherchant vainement le début de la phrase qu'ils avaient commencée et le sens d'icelle. Heureusement que Tonton Clyde pense à vous et se plie en quatre pour vous concocter des textes expéditifs aux p'tits oignons... Veinards que vous êtes :imaginez si j'avais été bavard, même les réponses aux commentaires seraient d'une longueur déraisonnable... Et puis hé, je vous parle pas de ceux qui ont une syntaxe déplorable, hein...
    CLYDE

    Posté par Clyde, 25 février 2008 à 23:23 | | Répondre
  • Ooooh! Qu'est-ce qu'il est taquin ce Clyde!

    Posté par Bonnie, 25 février 2008 à 23:36 | | Répondre
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